J'ai découvert qu'il y avait des amateurs éclairés de la météo sur Europe1 cet été avec Laurent Cabrol.
La plupart ont leurs sites et ils ont en commun de ne pas travailler dans ce domaine (excepté un gars de la chaîne météo). Pour eux, être prévisionniste, c'est avant tout une passion, un hobby.

Le jour de cette émission Cabrol leur a lancé un défi, c'est la prévision pour cet hiver.
Bon faut pas s'attendre à une précision du diable non plus ; genre il va flotter à 14h36 sur la place Travot in Cholet Town.
La tendance générale nous amène à penser que l'hiver sera rude et humide. Les températures, en restant dans leur logique, risquent d'être à des niveaux exceptionnels que l'on n'a pas connu depuis 60 ans. C'est du moins ce qu'indique le "modèle" britannique (Met Office) et d'autres organismes d'analyse météorologique.
Pour d'autres ce serait l'hiver le plus froid depuis 1987, comme quoi il existe une certaine marge de manoeuvre, mais dans l'ensemble, spécialistes et amateurs vont dans le même sens.

Quels sont les paramètres qui peuvent aider nos prévisionnistes ?
D'une personne à l'autre chacun à ses critères, ses astuces pour établir ses plans.
Tâches solaires, interprétations des faits de la nature, prise en compte des statistiques de la météo à l'échelle de la planète, El-niño, l'oscillation Nord Atlantique (1), l'oscillation arctique (2)...
Le nombre de variables est énorme et fait ressembler la prévision à un pronostic de LotoFoot.
Mais globalement tous utilisent les "modèles" météorologiques.

Un modèle de prévision numérique est un logiciel qui simule l'évolution de l'atmosphère. Grâce aux observations satellites, stations météo, avions et autres on arrive à schématiser l'évolution du "ciel" dans les jours, semaines, mois à venir.
Il n'y a aucune limite si ce n'est celle des super-calculateurs.
Un modèle est découpé en "boîtes virtuelles" de façon homogène. Vent, température, humidité, nuages les composent
Plus il y a de "boîtes", plus la résolution est fine pour faire simple.
En calculant l'évolution de chaque "boîtes", on détermine ainsi la dynamique atmosphérique.
Le modèle français est composé de 4 millions de petites "boîtes" environ.
Malgré ce chiffre important, cela n'est pas suffisant pour faire des prévisions "précises" ; nous sommes toujours limités par la technologie.

Légende:
"Les points représentent une boite sur 4. Le cercle centré sur la France est le modèle Arpège. Le quadrilatère vert représente la portion de la planète utilisée pour le modèle opérationnel Aladin, modèle nécessitant moins de calculs, mais plus précis."

C'est là qu'intervient le prévisionniste qui interprète les données et donne un résultat assez "grossier".
Entre analyse et résultat final il peut y avoir des différences, voire des "erreurs", tout simplement car des informations oubliées par le modèle, ont joué sur l'évènement météo.

On se rend alors compte de la complexité d'une étude à l'échelle des saisons. Non seulement il faut extrapoler sur une longue durée, mais en plus il faut faire une corrélation entre les différents modèles, américains, britannique, allemand ... C'est le principe des engrenages en quelque sorte.
Le challenge est donc immense, car l'homme, malgré l'aide de la machine, est le seul à pouvoir donner une interprétation.

Extraits des analyses de la saison hivernale : (sources : Alertes-meteo.com)

Décembre 2005 : (fiabilité 70%)
Un premier mois d'hiver glacial ?
Tel est le scénario envisagé pour ce mois de décembre qui pourrait s’avérer très froid, pas vu depuis au moins 20 ans.
L’anticyclone russe pourrait nous influencer durablement apportant un temps glacial mais plutôt sec avec des températures plongeant sous la barre des -10° voire -15°.
La neige devrait être aussi au rendez-vous et rester au sol longtemps. Une tempête de neige est même probable sur le sud-est.
Un noël 2005 sous la neige ?
Ne faisant pas partie des cycles noël neigeux (1981-1986-1991-1996-2001-2006), je pencherais plus pour un temps froid et sec pour cette période des fêtes de fin d’année.
Le nouvel an par contre sous la neige est très fort probable.

Janvier 2006 : (fiabilité 60%)
Après un mois de décembre peut-être très froid, le mois de janvier continuerait dans sa lignée, avec un temps souvent très froid surtout à la fin du mois.
Une partie certainement plus humide et neigeuse au début du mois et une partie légèrement plus douce au milieu.
Beaucoup de neige à prévoir pendant ce mois de janvier avec certainement des épisodes neigeux très intenses sur tout le territoire et même parfois dans le sud.
Ce mois de janvier 2006 pourrait s’avérer le plus froid depuis 1987. A confirmer…

février 2006 : (fiabilité 55%)
Dans la continuité des mois précédents, février 2005 devrait apporter un temps durablement froid et surtout beaucoup de neige.
Ce mois de février pourrait s’avérer le plus neigeux depuis 1978. Il se pourrait même qu’il soit qualifié d'exceptionnel en terme de hauteur de neige en plaine.
(...)

La suite ? Le début du printemps 2006 devrait rester sous le froid et la neige.
Changement radical de temps dans la 2ème quinzaine de mars avec un temps très perturbé avec de fortes pluies possibles et certainement le retour des inondations.
La sécheresse va donc disparaître. D’ailleurs, il pourrait s’avérer que le printemps 2006 soit humide et frais. (...)

(1) Oscillation Nord Atlantique - La NAO est mesurée comme la différence de pression entre les Açores et l'Islande. Une NAO négative indique souvent un temps plus froid que la moyenne pour l'europe occidentale pendant les mois hivernaux et anticyclonique. (Basses pressions en Espagne) Une NAO positive pendant l'hiver indique souvent un temps variable et plus doux.

(2) Oscillation arctique - L'oscillation arctique a également de l'importance. Quand l'indice est négatif, le passage des dépressions est poussé plus au Sud, favorisant les inondations en Méditerranée et des conditions plus froides sur nos régions. Dans le cas où ces deux indices (NAO et AO) sont simultanément négatifs, c'est une situation idéale pour la descente d'air froid et neigeux sur l'europe en hiver.